Débats du Sénat (hansard)

2e Session, 40e Législature,
Volume 146, Numéro 69

Le mardi 17 novembre 2009
L’honorable Noël A. Kinsella, Président

L’étude sur l’application de la Loi sur les langues officielles, des règlements et instructions en découlant – Adoption du quatrième rapport du Comité des langues officielles

L’ordre du jour appelle :

Reprise du débat sur la motion de l’honorable sénateur Chaput, appuyée par l’honorable sénateur Hubley, que le quatrième rapport du Comité sénatorial permanent des langues officielles intitulé Refléter la dualité linguistique lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 : Une occasion en or, rapport de suivi, déposé au Sénat le 15 septembre 2009, soit adopté et que, conformément à l’article 131(2) du Règlement, le Sénat demande une réponse complète et détaillée du gouvernement, le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles et la présidente du Conseil privé de la Reine pour le Canada, étant désignés ministres chargés de répondre à ce rapport.

L’honorable Mobina S. B. Jaffer : Honorables sénateurs, il me fait plaisir de prendre la parole sur le rapport du Comité sénatorial permanent des langues officielles, intitulé Refléter la dualité linguistique lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 : Une occasion en or. Comme vous le savez, ma province — la Colombie-Britannique — accueillera les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010.

[Traduction]

Tout d’abord, je tiens à souligner le travail effectué par M. Jack Poole en vue des jeux de 2010. Jusqu’à tout récemment, il dirigeait le Comité d’organisation des Jeux olympiques à Vancouver, le COVAN, mais malheureusement, il est décédé à la suite d’une maladie.

M. Poole connaissait les enjeux élevés liés à l’organisation des jeux olympiques, une entreprise de taille non seulement pour lui mais aussi pour la province et le pays. Il a dit au CIO, le Comité International Olympique, que si son équipe ne menait pas à bien ce projet, ce serait une immense déception parce que le gouvernement lui donnait tout ce qu’elle demandait.

M. Poole est parti vers un autre monde assuré de la réussite des jeux de Vancouver grâce à son travail ardu. Il était vraiment un visionnaire et il a donné beaucoup de lui-même à tous les Canadiens. Je tiens à remercier son épouse et ses cinq enfants de l’avoir partagé avec nous jusqu’à la toute fin.

Je profite également de l’occasion pour souligner l’esprit visionnaire démontré par l’ancien premier ministre, M Jean Chrétien, et l’ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, M. Glen Clark, qui ont eu l’idée de proposer la tenue des Jeux olympiques à Vancouver.

Je voudrais aussi souligner le travail accompli par le premier ministre provincial, M. Gordon Campbell, qui a eu la vision de susciter un ferme appui de la population à l’égard des Jeux olympiques. L’autre personne qu’il faut mentionner aujourd’hui, puisqu’elle a travaillé fort au nom de nous tous, c’est madame le sénateur Raine, qui a travaillé avec le comité olympique et a sensibilisé la population aux jeux.

[Français]

En tant que sénateur de la Colombie-Britannique, j’ai l’honneur de représenter la province hôte des Jeux olympiques. C’est un événement très attendu non seulement par la population de notre province, mais par tous les Canadiens et les Canadiennes, car ce ne sont pas seulement les Jeux olympiques de Vancouver, mais aussi les Jeux olympiques du Canada.

Je suis fière des avancées entourant les préparatifs de ces jeux. Nous nous sommes préparés à recevoir tout le monde chez nous. Laissez-moi vous dire combien c’est gratifiant. Je vous relance l’invitation de venir voir ces Jeux olympiques et je souhaite chaleureusement la bienvenue à tous les sénateurs. Nous vous attendons — ainsi que mes collègues, le sénateur St. Germain, le sénateur Campbell, le sénateur Neufeld, le sénateur Martin, le sénateur Raine et moi — à bras ouverts. Ma plus grande joie sera de voir arriver les athlètes et leurs familles. Tous ceux qui viendront recevront un accueil chaleureux.

Honorables sénateurs, comme vous le savez, la Colombie- Britannique est une province multiculturelle. Je suis fière de voir le nombre de personnes de ma province qui parlent français. Lors

des jeux, les visiteurs pourront découvrir l’image et la richesse de la province ainsi que sa diversité. À l’heure actuelle, je peux dire enfin que nous sommes presque prêts à accueillir le monde.

Je rêve de ce jour. Je vois déjà la joie des gens qui seront reçus dans leur langue. Je vois déjà la joie des gens de la Colombie- Britannique accueillant le monde entier. Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 constituent une occasion rêvée pour le Canada de promouvoir sa dualité linguistique, ici comme à l’étranger.

(1520)

Donc, la présence permanente des deux langues lors des Jeux olympiques de 2010 devrait être le miroir parfait de notre dualité linguistique. Il est nécessaire de s’assurer que le pas qui reste à faire le soit avant les jeux. Au fil des comparutions, le comité organisateur, le COVAN, a prouvé sa volonté de s’améliorer dans le processus des préparatifs entourant les Jeux olympiques.

Avons-nous des communautés de plus en plus nombreuses qui parlent les deux langues du Canada, le français et l’anglais? Avons- nous promis tout notre soutien aux organisateurs des Jeux olympiques? Voulons-nous que nos invités repartent avec la conviction que le Canada est vraiment un pays bilingue?

Cette image quasi parfaite prendrait différentes formes dans ma vision idéaliste, et la voici : tout doit commencer par la diffusion bilingue des produits publicitaires sous ses différentes formes : capsules et publicités audio et vidéo, dépliants, affiches, et cetera. À ce moyen de médiatisation s’ajoute sans doute la possibilité de retrouver des informations bilingues sur les sites web des institutions impliquées.

Il est connu que la plupart des personnes qui visiteront Vancouver, que ce soit les athlètes ou leurs familles, les personnalités politiques ou sportives, ou tout simplement les visiteurs, prendront l’avion pour s’y rendre. Par conséquent, les annonces à l’aéroport et dans l’avion — je parle des compagnies aériennes canadiennes — doivent se faire dans les deux langues officielles du Canada et du Comité international olympique.

Les transports en commun de Vancouver doivent aussi avoir un personnel au moins partiellement bilingue. Les hôtels jouent un rôle important pour le bien-être de nos visiteurs. La qualification du personnel et son bilinguisme demeurent primordiaux. La transmission télévisée des jeux en anglais et en français est fortement souhaitable. Les inscriptions sur les lieux des manifestations sportives et les affiches reflètent aussi la dualité linguistique de notre pays. Lors de leurs déplacements, peu importe le moyen de transport choisi, les nouveaux arrivés doivent être capables de lire dans l’une ou l’autre des deux langues officielles, d’où l’importance de la signalisation bilingue.

Un message de bienvenue en anglais et en français sur les lieux des Jeux olympiques va enchanter toute personne qui a hâte d’assister aux événements. Le recrutement de personnel temporaire et de bénévoles bilingues est en facteur décisif à ce point de vue. La communauté francophone et les autres collectivités qui parlent français, les francophiles, y jouent un rôle important.

Je n’ai aucun doute que les cérémonies d’ouverture et de fermeture se tiendront dans les deux langues officielles du Canada et du Comité international olympique. Les athlètes ont travaillé très fort pendant des années afin de nous émerveiller avec leurs performances. Cela ne mérite-t-il pas des commentaires bilingues?

J’ai la conviction que nos athlètes remporteront des médailles lors de ces jeux. Ces efforts doivent être récompensés par notre appréciation dans les deux langues officielles.

Au retour, après avoir savouré les performances des sportifs, nos visiteurs vont rechercher les mêmes signalisations routières bilingues en route vers leur lieu d’hébergement. Voilà comment je rêve de vivre les jeux chez nous, à Vancouver, en Colombie-Britannique et au Canada.

Pour la réalisation de ce rêve canadien, le rapport du Commissariat aux langues officielles, intitulé Une occasion en or, Vancouver 2010 : Viser un modèle canadien de la dualité linguistique dans le sport international — Rapport de suivi, présenté au mois de septembre dernier, donne quelques recommandations que je reprends, même si mes collègues, l’honorable Claudette Tardif et l’honorable Maria Chaput, en ont déjà parlé récemment.

Il y a encore des situations qui exigent un redressement. Dans la quatrième recommandation du Comité sénatorial permanent des langues officielles, nous avons demandé que la qualité linguistique du Canada soit reflétée sur le site web officiel des jeux. Je me permets de souligner que des parties impliquées et des organisations de première ligne n’ont toujours pas de site web bilingue.

Qu’attendons-nous? Dans certaines des recommandations du Comité sénatorial permanent des langues officielles et du commissaire aux langues officielles, nous avons soulevé la question des bénévoles bilingues à l’aéroport de Richmond, en Colombie-Britannique.

Les inscriptions sur les lieux des manifestations sportives sont aussi importantes. Malheureusement, même sous l’Anneau de la ville de Richmond, le français a été omis.

Le compte à rebours a commencé. Nous ne sommes pas à deux ans, ni à un an, ni à cinq mois, mais seulement à une centaine de jours de la cérémonie d’ouverture. Dans le rapport cité plus haut, il est recommandé que le Bureau du Conseil privé, et je le souligne, doit susciter de toute urgence un engagement de la part de toutes les institutions municipales, provinciales et fédérales dans ce dossier. Il est primordial que le Bureau du Conseil privé n’attende plus, mais fasse de promptes recommandations.

Dans tous les champs organisationnels avant, pendant et après les Jeux olympiques, qu’il s’agisse de la publicité, des moyens de transport, des services d’hébergement des hôtels et des motels, de l’accueil et de la traduction et de l’interprétation, des jeux mêmes et des cérémonies, tout doit se faire dans les deux langues officielles et, pourquoi pas, dans d’autres langues officielles aussi.

Personnellement, je lutte aussi sans cesse contre la traite des femmes et des jeunes. Malheureusement, lors de grands événements sportifs, surtout d’envergure internationale, comme les Jeux olympiques dont nous sommes en train de parler, cette chose horrible qu’est la traite d’êtres humains est inévitable. Malgré tout, j’aimerais que toutes les mesures soient prises afin d’éviter au maximum ce trafic. Il est absolument nécessaire que nous insistions une fois de plus sur la tolérance zéro.

Je tiens à vous remercier, honorables sénateurs, de l’attention que vous portez à la réussite des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver de 2010 et je rends hommage à toutes les parties concernées, soit John Furlong et le Comité organisateur des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver 2010, le COVAN; James Moore, le ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles; le sénateur Chaput, le sénateur Champagne et le Comité sénatorial permanent des langues officielles; M. Graham Fraser, le commissaire aux langues officielles; les maires et les conseillers de Vancouver, Richmond, Whistler et toutes les autres municipalités et organismes impliqués qui travaillent pour la réussite de nos Jeux olympiques, les Jeux olympiques de la Colombie-Britannique, mais surtout les Jeux olympiques d’un Canada bilingue et plein de diversité.

J’aimerais partager avec tous une petite histoire familiale. Je suis fière que mes enfants parlent français couramment. Maintenant, mon petit-fils Ian, qui a trois ans, commence aussi à parler français.

(1530)

Maintenant, il dit que j’ai trois noms : Daiyma, mon nom dans notre langue maternelle, Grandma, my English name, et grand- mère. Mon petit-fils dit qu’il est très fier que sa grand-mère ait trois noms.

Honorables sénateurs, au mois de février prochain, quand vous arriverez à Vancouver, je suis certaine que mon petit-fils et tous les Britanno-Colombiens diront : « Welcome to the Olympic Games. » Et aussi : « Bienvenue aux Jeux olympiques! » Nous sommes prêts à recevoir, dans notre province, tous les Canadiens et les Canadiennes, ainsi que les visiteurs du monde entier.

 

 

Comments are closed.