Débats du Sénat (hansard)

1re Session, 39e Législature,
Volume 143, Numéro xx

Le mardi 12 décembre 2006
L’honorable Noël A. Kinsella, Président

LES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

LA SOMALIE—LA GUERRE CIVILE

L’honorable Mobina S.B. Jaffer : Honorables sénateurs, ma question s’adresse au leader du gouvernement au Sénat et concerne la situation qui se dégrade en Somalie.

La Somalie a connu la sécheresse, la guerre et l’anarchie. Les récentes inondations ont fait un million de sans-abri. Depuis la formation du gouvernement fédéral provisoire, en 2004, le pays se dirige vers une nouvelle guerre. Cette tendance s’est accélérée et les pourparlers de paix ont échoué. Le bras de fer entre le gouvernement fédéral provisoire et les tribunaux islamiques, qui ont maintenant l’emprise sur Mogadiscio, menace d’étendre le conflit à la majeure partie du Sud avec, vraisemblablement, des attaques terroristes contre des pays voisins.

Le succès des tribunaux islamiques et la montée des djihadistes extrémistes ont causé bien des remous dans la communauté internationale. Bon nombre de pays sont déterminés à empêcher que la Somalie devienne l’équivalent africain de l’Afghanistan des talibans.

Que fait le gouvernement pour aider les Somaliens?

L’honorable Marjory LeBreton (leader du gouvernement) : Je remercie madame le sénateur de son excellente question. Le Canada, comme d’autres pays, a d’énormes défis à relever en Somalie, au Darfour et dans bien d’autres régions du monde. Il n’y a pas de solution facile à ce problème. Le ministre des Affaires étrangères surveille la situation et consulte les fonctionnaires de son ministère.

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Malheureusement, il m’est impossible aujourd’hui de donner au sénateur la réponse définitive sur ce qu’on demandera au Canada de faire en Somalie ou sur ce qu’il peut offrir d’y faire. Cependant, je veillerai certainement à ce que le ministre des Affaires étrangères, M. MacKay, soit conscient non seulement des préoccupations du sénateur, mais également de celles d’un grand nombre de Canadiens au sujet de la situation qui se dégrade en Somalie.

Le sénateur Jaffer : Je crois savoir que nous sommes en Afghanistan pour libérer ce pays des talibans. En Somalie, on constate de plus en plus des comportements semblables à ceux des talibans. Pourquoi ne jouons-nous pas un rôle de chef de file en Somalie? Des actes terroristes perpétrés ailleurs en Afrique continuent d’être fomentés en Somalie.

Je prie madame le leader du gouvernement de demander à ce dernier de jouer un rôle de chef de file au sein de la communauté internationale afin de tuer dans l’œuf le terrorisme et les complots terroristes en Somalie.

Le sénateur LeBreton : Je pense que nous convenons tous que le gouvernement conservateur et tous les Canadiens soutiennent le rôle de chef de file que joue notre pays en Afghanistan dans la lutte contre les talibans et dans l’établissement d’un environnement plus sûr pour les citoyens de l’Afghanistan, ainsi que dans la mise en œuvre d’une foule de merveilleux projets.

J’ai vu avec intérêt hier soir, au bulletin de nouvelles de la CBC, des membres du contingent d’Edmonton qui venaient tout juste de revenir d’Afghanistan et qui ont parlé des francs succès obtenus là- bas. Il ne fait pas de doute qu’une grande partie des efforts du Canada, ainsi que de ses alliés de l’OTAN et des Nations Unies, concerne la situation et le conflit en Afghanistan.

En ce qui a trait à la situation en Somalie, j’ignore ce que l’OTAN ou les Nations Unies recommandent, proposent ou demandent au Canada de faire, mais, comme je l’ai dit en réponse à une question précédente, je porterai les préoccupations du sénateur à l’attention du ministre.

Évidemment, nous sommes allés en Somalie dans le passé, et c’est une situation très difficile. Quoi qu’il en soit, cette situation requiert notre attention, et c’est avec plaisir que je ferai connaître ma réponse après avoir parlé de la question avec le ministre des Affaires étrangères.