Débats du Sénat (hansard)

3e Session, 40e Législature,
Volume 147, Numéro 42

Le mardi 22 juin 2010
L’honorable Noël A. Kinsella, Président

Le cabinet du premier ministre

Les recommandations de la Commission d’enquête relative aux mesures d’investigation prises à la suite de l’attentat à la bombe commis contre le vol 182 d’Air India

L’honorable Mobina S. B. Jaffer : Honorables sénateurs, ma question s’adresse au leader du gouvernement au Sénat. Demain, ce sera le 25e anniversaire de l’attentat à la bombe commis contre le vol d’Air India. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du Canada. En 1985, le premier ministre Brian Mulroney a immédiatement téléphoné au premier ministre de l’Inde et s’est excusé pour la mort de citoyens indiens. Ce jour-là, 329 personnes innocentes ont perdu la vie dans cet attentat. Certains ont perdu leur conjoint et leurs enfants. La plupart des victimes étaient canadiennes.

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Les familles des victimes attendent des réponses depuis 25 ans. Grâce à l’initiative de notre premier ministre, une enquête a été menée et le juge Major a donné à ces familles les réponses qu’elles attendaient.

Le juge Major a recommandé certaines mesures pour venir en aide aux familles des victimes. Quand le gouvernement va-t-il tenir compte de ces recommandations et agir? Quelle sera l’échéance?

L’honorable Marjory LeBreton (leader du gouvernement) : Honorables sénateurs, l’attentat commis contre le vol 182 d’Air India il y a 25 ans est une terrible tragédie. Il s’agit du pire acte terroriste de l’histoire du Canada. Des Canadiens ont perdu la vie. Cet attentat a eu des répercussions et des conséquences à long terme pour la collectivité et les familles des victimes.

Comme madame le sénateur l’a si bien dit, le premier ministre a écouté et est passé à l’action. Le gouvernement et le premier ministre ont remercié le juge Major pour le travail remarquable qu’il a fait. De plus, le premier ministre a personnellement rencontré des représentants des familles et leur a présenté ses condoléances, en son nom et au nom du gouvernement, pour la perte de leurs êtres chers.

Comme l’a mentionné le premier ministre, le rapport condamne de façon accablante un grand nombre d’événements qui ont eu lieu avant et après la tragédie, événements que le gouvernement est déterminé à prévenir dorénavant. Le premier ministre a aussi indiqué que le gouvernement donnera suite aux recommandations à l’égard de la présentation d’excuses officielles aux victimes et de leur indemnisation.

Honorables sénateurs, il s’agit d’un rapport complet et détaillé. Le gouvernement prend au sérieux les recommandations du rapport et le premier ministre présentera des excuses officielles aux victimes et les indemnisera. J’ai été heureuse de lire dans le Globe and Mail, ce matin, qu’un membre de la communauté sikhe rend hommage au premier ministre pour avoir enfin accédé à leurs demandes.

Des voix : Bravo!

Le sénateur Jaffer : Je comprends qu’il y a de nombreux aspects liés à la sécurité qui prennent du temps. Cependant, comme je l’ai déjà mentionné, 329 personnes ont perdu la vie il y a 25 ans. De nombreuses erreurs ont été commises par des gouvernements successifs. Le juge Major a souligné que les familles désapprouvent ce processus, car elles ne sont pas elles-mêmes perçues comme des victimes, mais plutôt comme des adversaires responsables de leurs malheurs.

Que fait le gouvernement pour aider les victimes?

Le sénateur LeBreton : Honorables sénateurs, le sénateur Jaffer a tout à fait raison. La façon dont cette tragédie a été gérée et traitée, depuis le début, est totalement inacceptable. Le premier ministre a rencontré des représentants des victimes. Le rapport vient tout juste d’être publié, comme le sait madame le sénateur, et demain marquera le 25eanniversaire de cette tragédie. Le premier ministre a annoncé publiquement et personnellement aux groupes qui représentent les victimes que le gouvernement présentera des excuses publiques au nom des Canadiens et accueillera favorablement la recommandation d’indemniser les victimes.

Il faut admettre en toute équité, honorables sénateurs, que c’est un grand pas en avant, comparativement à ce qui s’est fait par le passé. Je tiens à assurer à notre collègue que les autres recommandations concernant le SCRS, la GRC, d’autres agences gouvernementales, la sécurité dans les aéroports et le reste reçoivent, et continueront de recevoir, toute l’attention qu’elles méritent de la part du gouvernement du Canada.

Il m’est impossible ici, aujourd’hui, de donner au sénateur une liste définitive de tout ce que le gouvernement fera pour donner suite au rapport du juge Major. Je répète que le premier ministre est profondément attristé et qu’il a fait part de sa tristesse aux représentants des victimes de cette terrible tragédie canadienne.

Le sénateur Jaffer : Je reconnais d’emblée le leadership assumé par le premier ministre. Je le félicite d’avoir commandé l’enquête qu’aucun autre premier ministre n’avait commandée. Je le félicite de sa rencontre avec les familles. Je suis également heureuse de lire dans les journaux que demain, 25 ans après la terrible douleur ressentie par 329 familles, le premier ministre présentera des excuses.

Cependant, nous savons tous que des excuses qui ne sont pas suivies de gestes concrets ne suffisent pas. Je reconnais avec la ministre qu’il faudra du temps avant que nous ayons examiné tous les points soulevés par le juge Major. Ma seule question au leader du gouvernement au Sénat est la suivante : quand les familles recevront-elles l’indemnité qu’elles méritent? Quand commencerons-nous à sécher leurs larmes?

Le sénateur LeBreton : Honorables sénateurs, je le répète, si le premier ministre a promis de s’occuper d’une situation comme celle qui nous occupe, il tiendra promesse. Des mesures seront prises.

Comme notre collègue est avocate, elle sait qu’il y a beaucoup de détails à régler. On ne peut pas promettre un jour d’indemniser des victimes, puis avoir un plan de prêt dès le lendemain. Il faut du temps, mais, espérons-le, pas trop de temps.

Je répète que le premier ministre a déclaré aux représentants des victimes que le gouvernement répondrait positivement aux recommandations qui ont été faites en ce qui concerne des excuses officielles et une indemnisation.

Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter. Je crois que le premier ministre a fait une déclaration plutôt définitive au nom du gouvernement et en son propre nom.